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Dimanche 3 août 2008
Fenêtre ouverte sur une journée grisailleuse d'été.
Triste?
Non, bizarrement.
Il fait bon, les nuages sont en complet du dimanche, couleurs demi-saison encore rayonnante.
Et des odeurs parviennent.
Le vent apporte une odeur de gratin à la couleur d'or tout droit sorti du four.
S'y mêle, acide délicat picotant, la senteur d'une eau de cologne: une teinte de vert s'y profile.
Par moments, un sinueux parfum fait son chemin: de l'encens s'est égaré sur le rebord de ma fenêtre, avec ses accents de violet de fin de soirée.

On est dimanche, je flâne à ma fenêtre. Je vois trois voisins de ma résidence étudiante s'apprêtant à partir en pique-nique. Dans les immeubles autour, un quotidien serein, protégé par du coton sur quelques franges de ciel.
On est dimanche, et dans ses beaux effets, l'été, le gai luron, s'assied à ma fenêtre...

par Claiw de Dar publié dans : Le coin bleu et orange
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Samedi 3 mai 2008
Les blés de ce mois ci sont fauchés dans mes poches
C'est la moisson, en avance, dans ma piètre gargotte
Mes pièces mal patinées se barrent en bataillons.
Encore heureux bouffon, je conserve des partoches,
Un clavier, un crayon, et puis ma redingote
Même si mon ventre criard se montre tatillon
Et qu'il me joue la grogne, sur sa vieille partition.
Je ne suis pas cigale, ni très industrieux,
Je scribouille et gribouille en étant trop sérieux,
Mais si ma bourse est vide, ma tête est aux aguets:
Les sons tiennent la place, les images font le guet...
par Claiw de Dar publié dans : Scribouillis
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Lundi 21 avril 2008
Vert adipeux sournois sur couches de sédiments,
Ombres crépusculaires sur fond lourd de ciment,
Versatile le soleil sur tous ces bâtiments,
Illusoire chaleur, son éblouissement me ment.

Mon nez mon coeur ma voix restent roides sous la pluie
Mes poumons ne respirent que l'air gorgé de suie
Je m'enfonce et m'envole, oripeau étourdi
Si l'été nous arrive, serai-je encore d'ici?

Gris vétéran véreux voilant bas mon visage,
L'automne errant vadrouille via le sourd paysage.
Le printemps, vice-complice, m'observe, me dévisage,
Du trottoir poussiéreux, improbable rivage.

Mes sens euthanasiés sous les branches mouillées,
Le renouveau se cache, les feuilles se sont gelées,
Des craquements retentissent, vu que le bois se casse,
Les bourgeons se dispersent, seul le vent reste vivace.

Mon nez mon coeur ma voix restent roides sous la pluie
Mes poumons ne respirent que l'air gorgé de suie
Je m'enfonce et m'envole, oripeau étourdi
Si l'été nous arrive, serai-je encore d'ici?
par Claiw de Dar publié dans : Scribouillis
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Lundi 21 janvier 2008


If I was to walk away..
Elle flotte vers le bas, les bulles s'évadent vers le ciel . Doux, froid, noir. Voici le nouvel univers.
Un peu oppressant, le manque d'oxygène commence à se faire sentir. Mais tout le reste est doux.
Des paroles d'une chanson lui reviennent, par bribes, comme au travers d'un vieux disque rayé.
Could I laugh again?
Des cercles cassés de lumière, quand elle lève la tête, s'évanouissent, peu à peu.
Sa vision s'assombrit.
You're killing me again

Elle discerne à l'orée de ses yeux, cependant, des silhouettes qui l'accompagnent.
Elles brillent dans la lumière, ces vieilles poupées frippées, dans leurs halos de poussière vrillés.
Elle glisse, avec elle, et elle, qui tournent en tombant vers le fond.
La musique est lente, se fait plus inexorable. Un pleur d'harmonica les suit, rythmé par des coups sourds et persistants, perceptibles par saccades. Le sang battant à leurs tempes?
I'm losing you again
A trois, elles sont ses facettes, à elle, qui sous les souvenirs accumulés, s'efface progressivement. Elles discutent à bâtons rompus pendant que l'onde les entraîne, enlevant les masques , à tâtons, les yeux rougis, mais sereins.
I'm doused in madness
Les bribes de musique s'éteignent. Le froid envahit tout.
Il fait noir, tout est si doux.
Mais le manque d'air étouffe, en silence.
I can't lose the sadness
Malgré tout, la chanson continue, mais c'est bientôt la fin. Les battements se sont un instant fait plus intenses, avant de ralentir..et de se taire.
It's tearing me apart

par Claiw de Dar publié dans : Le coin bleu et orange
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Mardi 8 janvier 2008

 

Le fou de trèfle s'avance en chancellant sur la chaussée tanguante. Sur la grande avenue, les lampadaires s'emmêlent sur son passage déroutant: c'est une sarabande en lignes droites, jusques à l'horizon. Cependant, le fou, de ses diagonales, ne voit que des zigzags qui l'entraînent en avant, et saisi de vertige, s'arrête, un instant.
Il voit alors trois drilles, qui miment ses moindres gestes.
Le premier est un drôle, qui rit aux éclats, fin saoul comme notre bouffon, compagnon, camarade des heures brillantes au sein de la nuit noire: un pas en arrière, il se plie, il s'efface, ravivant le souvenir d'autres moments débridés, où ils braillaient ensemble des chansons d'allumés, dans un cercle d'autres hilares déchaînés.
La deuxième a la face d'un de ces soirs d'ivresse, elle lui tourne la tête, échappe à ses gestes brusques... A sa parade maladroite d'éméché, elle oppose un contrepas, une feinte, et le frôle sans s'arrêter, à sa droite, un pas sur le côté; nostalgique, il retrouve , avec elle, le souvenir d'autres danses, où ils voltaient ensemble quand d'autres faisaient ripaille, le coeur au bord des yeux, s'effleurant, comme par mégarde.
Le troisième, tout tordu, l'imite d'un air sinistre: fièvreux, limite blafard, un peu cathatonique, vif pourtant, il a du fou l'allure, mais en vieillard branlant. Il regarde le fou de trèfle, silencieux ricanant, et aux sursauts de colère du saltimbanque, s'écarte de son chemin, sur sa gauche, mais d'un pas: le fou frissonne, sans trop savoir pourquoi. Il se rappelle la nuit, et, soudain, se trouve empli d'effroi.
Un souffle de vent éteind plusieurs chandelles.
Le fou tourne en tous sens, et, un pincement au coeur, se rend à l'évidence.
Sous la brise, il est seul. Ce n'était que ses ombres.

 

par Claiw de Dar publié dans : Scribouillis
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Lundi 31 décembre 2007


J'exècre ce jour.
Je déteste réellement le réveillon et le 1er jour de l'année. C'est, pour moi, synonyme d'ennui, de solitude... Je ne suis guère de bonne humeur au passage à une nouvelle année, tout me semble vain.

Pourquoi? Sans doute que la plupart de mes réveillons se sont passés en tête à tête avec mes parents, souvent dans des restaurants-hôtels faisant leurs traditionnelles soirées où, si on ne vient pas en groupe d'au moins cinq personnes, on s'emmerde royalement.
Je me souviens aussi de cette fois il y a 2 ans, où je devais sortir avec une amie qui m'a mise à pied sans explications l'après midi du 31, et que j'ai du passer ce réveillon là chez moi, devant mon pc.

Oh, j'en ai quelques uns de joyeux, mais ils se comptent sur les doigts d'une main..
le réveillon chez ma marraine, où le lendemain, on a passé la journée en bateau, aux Saintes..
un réveillon que j'avais fait avec 3 amis, à l'époque, où on s'était préparés à manger et où on avait trinqué en riant à minuit...
celui de l'année dernière, enfin, avec deux amis à moi, où nous avons joué aux cartes et à un jeu de rôle..

Mais bon, sinon, vraiment, rien de superbe...
Je déteste le réveillon, parce que j'y ressens souvent les beaux affres de la solitude, ce jour là.

par Claiw de Dar
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Vendredi 21 décembre 2007
L'envie de se poser, c'est l'idée qui me vient.
Les grandes eaux, c'est fini, là, tôt, de bon matin. J'en ai lavé mon sol, poussières à la poubelle, feuillets, cheveux des autres, sachets de thé, tout le bastringue, post-its, pots de confiture, oeufs pourris, vieille verdure, je transforme, j'élimine les ordures. Hé quoi, c'est un antre de vieille ourse, que je décrirais là?

Loin s'en faut, c'est juste qu'au fond, le ménage du dehors c'est un peu, celui du dedans, l'occasion de vider les saletés, les petites misères et d'aérer la tête. De voir le soleil se lever, parce qu'on a ouvert tôt les volets, lumière rose sur la pièce, d'écouter , d'humeur un peu bizarre, un morceau de piano, en boucle, plein les oreilles.

C'est vendredi matin, et comme le fou de trèfle un lendemain de fête, je suis sur le départ. Je m'apprête, je m'inquiète, je m'active, vite, vite, en retard!

Mais avant, je me pose. Il fait beau, à ma fenêtre.

par Claiw de Dar publié dans : Le coin bleu et orange
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Mercredi 19 décembre 2007

Au fond d'une tranchée, le fou a décelé une vieille rangée, de filets qui traînent,  de tiroirs ouverts sur le ciel de l'hiver.
De ce méli mélo se dégage une vieille boîte,  grise et verte, et dedans, des petites lettres de bois, cassées par le final du voyage de la caravane -le trou à côté de la route-
Le fou, la boîte dans les mains, secoue en rythme les morceaux de couleurs. Sur sa face à sourire, il ajoute une marque, un point près du museau. Il a le bonnet lâche, les cheveux en fuseau. Considérant les lettres, il s'assied en tailleur. Se saisissant d'une d'elles, il l'accroche à une mèche, et tourne pour qu'elle y reste. Puis deux, puis trois, puis leste! La boîte devenue vide, il y met son foulard. Blanc noir tâché de gris, sur un des bords, brûnatre. Puis déposant la boîte, au milieu du chemin, il décampe, pas vivace, lâché à très grand train.

Une brise souffle la poussière sur les restes, et soudain, fugace?
Une empreinte se dessine sur le bord de la boîte...un point rouge et vivace.

par Claiw de Dar publié dans : Scribouillis
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Lundi 17 décembre 2007


Sur "Spokey Dokey", extrait de l'un des OST de Cowboy Bebop, sur un air Nouveau Western, au ton blasé et positif, me voilà, à la bourre mais que dire? On ne peut pas twavailler d'une traite...
Surtout quand on est une gente très déconcentrable.

Plutôt que de me marrer au bilboquet, ce que je fais de ma vie pour détendre mon cerveau, c'est allumer ma bougie odoriférante et regarder la flamme.
Quoi, je n'ai pas de cheminée chez moi, on se contente de ce qu'on a...

A vrai dire, une musique mystique aurait mieux vallu, vu que je m'apprêtais à déblatérer sur cette magie intemporelle que possède le feu: déjà, rien que par le fait que le premier clampin qui a réussi à en créer par lui même a peut être du rester devant, béat, aussi fier que moi qui ce soir ait réussi à gagner au jeu du bilboquet. 

Mais comme je n'ai pas de musique mystique, je ne ressortirai pas mon collier de coquillages -bien que très joli- et je ne m'assiérai pas en tailleur près de ma bougie en chantant des mélopées incompréhensibles à d'autres humains de cette époque moderne, etc.

Naaan, vu que j'ai une musique de pur western dans les oreilles, chapeau sur les oreilles, une pâte qui fera office de brin d'herbe dans la bouche, je vais rêver en regardant la bougie que je suis devant un feu de camp, dans le désert d'Arizona, avec le cheval attaché pas loin.. le vent est doux ce soir, le ciel dégagé, je peux voir les étoiles.
A côté de moi, mon compagnon de route, un vieil Indien qui en a vu de belles, et qui joue de l'harmonica -comme par hasard, le même air que celui de ma chanson-
Et devant le feu, je songerai au premier clampin qui a fait le premier... histoire de fermer la boucle.

Heya.

par Claiw de Dar publié dans : Le coin bleu et orange
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Dimanche 4 novembre 2007

Quand  tu auras lancé tes cartes, je poserai les miennes  à plat , bien sur la table; la partie peut être alors, sera consommée, et les derniers vaisseaux, brulés.
On n'a pas forcément le temps, au fil des ans, d'appréhender les jeux des autres, d'en sentir la substance, d'en discerner les failles. Je me souviens, d'autres latitudes, d'autres existences, au soleil, sous grisaille, où la partie commença; sous la poussière, il reste de chouettes couleurs, bizarre.
Si, des fois, j'ai des piques, balancées bien au centre,  bien que sans éloquence, c'est que le pied ne sait sur quel grand fond il danse. Des fois, t'en divertirais- tu? L'amusement alors, rencontre l'incertitude.
D'autres fois, on se tient en carreau, chacun sur sa dalle, blanche ,grise, noire, et nos orbites grandement divergent. Les gammes qu'on joue diffèrent, nos lignes de mire s'éloignent.
Parfois, c'est à croire qu'une chance impromptue n'a pas fait virer les liens à l'orage, serait ce un trèfle couleur d'encre qui gît sur nos chemins?
Le jeu continue, l'éventail de cartes change et tourne. Quelle importance, au final?
D'ici là:la partie continue...

par Claiw de Dar publié dans : Le coin bleu et orange
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