Mercredi 6 mai 2009
Sur un masque, un sourire figé et accroché
Où les bavures s’oublient, écrasées sous la bruine
Va donc le fou de trèfle, égaré, décroché,
A la dérive marquée sous son bois mis en ruine,
Narrant ses épopées et ses rires de farine.

Mais néanmoins la joie garde le sceau de son cœur,
Outrageant la tristesse, fine gardienne de ses peurs.
Notre bouffon de cour, blanc de noir, cligne de l’œil,
Oubliant sans remords ses sombres pensées écueils.

Virevolte l’air vivace, sous ses habits opaques !
Arrive le fol hardi, la poésie en traque :
Reddition pour les ombres, victoire pour sa musique.

Et partout se font joie et grandiloquence,
Sous les effets du vin et des rires, le sage perd son éloquence,
Admire son doigt quand le fou sourit à la Lune,
Et plonge son regard dans l'océan argenté d'une plume.

Quadrilles et ritournelles résonnent et font danser le ciel,
Tant et si bien que titubent les étoiles, comme noyées d'hydromel

Cavalant, gouttes rieuses dans l’écrin d’une rivière ,
Elles l'emportent dans une ronde fantaisiste de lumière.


ps: j'en profite de n'avoir rien de spécial à faire pour mettre de vieux textes que j'avais la flemme de publier à l'époque, même si pour l'instant y a rien de nouveau sous le soleil..
Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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Samedi 7 mars 2009

Dans un placard géant perché sur son huitième étage,

Une journée ordinaire commence sans grand remue-ménage.

Mélancolique, vaseuse, la tête en différé,

Je vois un compagnon dans les vapeurs de café.

Me tendrait-il la main ? Quand je crois l’effleurer,

Le vide siège à ma table, et me laisse esseulée.

Même manège, même cabale, dans une rame de métro.

Un couple fait étalage de leur très beau duo.

Souriante et envieuse, je voudrais, moi aussi,

Avoir auprès de moi un beau petit chéri.

Tournant la tête, surprise, qui vois-je ?

L’illusion du matin en reflet dans la glace,

Qui disparaît de suite sans laisser aucune trace.

Deviendrais-je cinglée de trop de solitude ?

Allons bon, me disais-je, sans trop de certitude…

Il me revient partout, mon copain de fumée,

Mais où le rencontrer, qu’il reste réalité ?

 

 

Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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Jeudi 26 février 2009
Le vent susurre à l'oreille les dernières nouvelles, je marche en ancien fou de trèfle.
Je le sens penché derrière moi, observant sans guider.
Mon soleil fait grise mine, au service minimum.
Des fragments de visions urbaines passent très vite entre mes doigts.
Elles sont désarticulées, desséchées sans doute par le manque de pratique scripturale.
Mots trop compliqués, anciens rythmes désaccordés.
Je raccommode mon masque, y rajoute des entorses: un peu moins de confiance ouverte.
Pourtant, je persiste à dire: sans chaleur, qu'est l'idylle?
Du vent?
Il souffle beaucoup, justement.
Beau coup pour rabattre les manteaux et clôturer les visages.
Mes lèvres de bois sont fissurées, donnent un sourire ridé.
La gare ne reste pas loin, le voyage tend les bras...et pourtant.
Je reste sur cette étape, en mode bloqué.
Il doit y avoir un cafard glissé dans mes circuits courts-circuités.
Qu'importe de bouger? Il y a beau temps dehors.
Même si, en terrain découvert, le soleil devient froid, comme dit la chanson.
Elle se répète en boucle, elle aussi. Le bug a gagné le circuit auditif.
Un rayon m'aveugle, me file le mal de crâne.
Mais les doigts restent froids, roides et tout de bois.
Comment tirer les fils pour faire tomber mon corps de marionnette?
Le fracas la réveillerait peut être.
Hola, fou! Vas tu reprendre le théâtre?
Il m'observe sans coup férir, le ladre.
Entre nous, un rideau de rayons: le gel d'une lumière froide.

Par Claiw de Dar - Publié dans : Le coin bleu et orange
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Mercredi 17 décembre 2008
Je rompts avec ma promesse d'éviter les atermoiements de journaux. Suivons les conseils de kreyoll. Non. Je suis les conseils de kreyoll. pas de nous de majesté, je ne suis pas royal, mais bouffon.
"Ecris quand tu te sens mal" d'accord , mais écrire quoi? le vide? et l'écrire comment? en l'enjolivant? en le gardant nu? tu n'as pas répondu à ces questions, kreyoll. il faut les trouver soi même? ça a toujours été mon problème: trop de scolarité, pas assez de rébellion, trop de peur de prise de risque. je vais répondre difficilement à cette question; si on doit écrire il faudra que le son nous semble juste; on dirait un dj qui passe, sans doute parce que je suis allée à une soirée très étrange hier, où le dj nous a passé de la techno: j'étais en décalage, encore une fois... comment on danse sur ce genre de musiques quand on est sobre?enfin voilà... un ton juste. c'est de l'autoapietoiment sans doute vu de l'extérieur, mais il parait que j'ai un côté franc, alors autant persister en ce sens et essayer d'avoir le ton le plus en phase avec le moment... même si après je conclus que décidément, écrire déprimée, c'est vraiment de la pure merde. bref.
je dirais que aujourd'hui, le ton le plus juste c'est avec cette résolution là: pas de cache misère! le fou de trèfle est encore parti très loin, il est de nouveau rentré dans ma caboche et refuse d'en sortir: d'un univers supposément moyennâgeux, on se retrouve au 21eme siècle, paris 13eme, dans une cage à hamster pour humain étudiant en décalage.
Le fou de trèfle s'est fondu dans mes neurones, et il me laisse la parole, c'est perturbant; d'un autre côté, c'est un faux semblant, puisque le fou, c'est moi; et quelques autres, mais ça devient compliqué...
mais son regard posé par dessus le mien me donne l'impression d'avoir passé au travers du cadre en plomb qui me reflète; je suis le visiteur qui ne s'attarde pas dans un amas de plastique, de papier recyclable et de tissu râpé; le dépotoir est en suspens, reste à rajouter la pourriture et la puanteur?
comment changer de pente et ne plus être simplement de passage?
le masque du fou, c'est mon absence de personnalité réelle; et c'est tellement plus intéressant quand on le réduit à un bout de bois collé à un visage.
mais aujourd'hui je n'essaierai pas de sublimer. c'est mieux la vérité sans fard, réduite à sa plus simple expression.
je passe dans la vie de certains, j'entends leurs histoires, leurs problèmes, leurs questionnements.
je passe dans paris, je sens ses remous et ses bourdonnements.
je passe sur la toile, je lis des conneries, des racontards, des évènements
mais bon, je ne fais que passer, je suis toujours en décalage; où puis je me reconnaître? le passage ne permet pas la recherche: je passe partout sans atterir nulle part. Je visite la vie comme je lisais mes livres, je ne suis qu'un lambda. Qui est le fou de trèfle?
j'ai pas l'impression d'avoir une passion dans la vie, un fil directeur. peut être que c'est un tort, mais je n'arrive pas à le trouver. je sais pas chercher.. je sais exécuter, ça, oui. mais chercher? on me donnerait la pelle pour creuser cette affaire, je ne saurais quoi en faire. défaut. stupidité? qu'en dirait la gamine de 13 ans qui avait décidé qu'après la pluie, vient le beau temps?
ma pauvre. je ne suis pas sûre que tu aimerais ce que tu vois maintenant. ah mais j'y pense, c'est de moi dont je parle, 10  ans avant.
Je ne suis qu'un décalage, une illusion de circonstance, un rire de situation, un courant d'air.
Le fou de trèfle, je vous le laisse; si j'étais une méduse, ce serait peut être le peu de substance qui en constitue une forme.
je ne pense avoir que cette unique conviction:
Pour le reste, je ne suis rien.

Par Claiw de Dar - Publié dans : Le coin bleu et orange
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Mercredi 3 décembre 2008
ça parle de teinture dans les cheveux, pour effacer les cheveux gris
de souvenirs de mauvaise blague comme le patinage en eau vive
ça parle de cartes qui restent coupées dans une poche de silence,
de détours vite entrecoupés par des mots perdant le sens
ça parle de tout ce qui aurait pu, de ce fameux champ de possibles

et puis soudain, ça ne parle plus: pourtant il reste des choses à dire
il reste les vieilles rengaines séchées qu'il faudrait déchirer
pour installer de nouvelles danses et pour ne plus se séparer
il reste toutes les fosses à décrire et qu'il faudrait encore franchir
il reste la canne pour claudiquer qui ne tient parfois qu'à un fil

Mais au fond le silence, c'est tout ce qui persiste
Quand on ne sait pas quoi croire, qu'on a rien à écrire
Quand on a plus l'envie de fredonner un brin
Quand le coeur ne veut plus chanter avec entrain

Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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Vendredi 28 novembre 2008

Petits talons valsant sur la pierre hautaine,

Veuillez battre la cadence et dansez en mondaines,

Petits talons toquant sur le pavé en creux,

Pas de deux, au quadrille! Dégagez les peureux!


Petits talons cassants sur des pieds vaniteux,

Roulez sur la guinbarde, soyez avantageux,

Petits talons sifflant et criant en tous lieux,

Tour sur soi, volte face! Emballez les curieux!


Petits talons réglés sur une boîte à rythme,

Allez tourner ailleurs, sur une autre surface,

Donnez en donc le prix, s'il vous faut une dime,

Que le silence reprenne, sans vous, une bonne place


Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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Vendredi 28 novembre 2008


Le fou de trèfle disgresse. Les nuages se lézardent, mais le soleil est froid, et les ombres portent le bouffon sur de mauvais chemins. Ses images se rétractent, sa caboche sonne en creux: déception en sourdine y laisse une nouvelle barre. Il sort son pinceau brun, y dépose du carmin: une nouvelle tache s'ajoute au maquillage: le trèfle vire écarlate?

Le fou a mal au crâne, le dégoût se prononce sur le bout de sa langue, saturée au charbon.
Il avance élancé, mais le costume flétrit: il va falloir de l'eau pour amener l'oubli.

Sur ses paroles, il sèche, il hésite, il s'assèche.

La diagonale du fou apparait rèche et raide.
Le bouffon y persiste, à tort, peut être.

Par Claiw de Dar - Publié dans : Le coin bleu et orange
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Dimanche 3 août 2008
Fenêtre ouverte sur une journée grisailleuse d'été.
Triste?
Non, bizarrement.
Il fait bon, les nuages sont en complet du dimanche, couleurs demi-saison encore rayonnante.
Et des odeurs parviennent.
Le vent apporte une odeur de gratin à la couleur d'or tout droit sorti du four.
S'y mêle, acide délicat picotant, la senteur d'une eau de cologne: une teinte de vert s'y profile.
Par moments, un sinueux parfum fait son chemin: de l'encens s'est égaré sur le rebord de ma fenêtre, avec ses accents de violet de fin de soirée.

On est dimanche, je flâne à ma fenêtre. Je vois trois voisins de ma résidence étudiante s'apprêtant à partir en pique-nique. Dans les immeubles autour, un quotidien serein, protégé par du coton sur quelques franges de ciel.
On est dimanche, et dans ses beaux effets, l'été, le gai luron, s'assied à ma fenêtre...

Par Claiw de Dar - Publié dans : Le coin bleu et orange
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Samedi 3 mai 2008
Les blés de ce mois ci sont fauchés dans mes poches
C'est la moisson, en avance, dans ma piètre gargotte
Mes pièces mal patinées se barrent en bataillons.
Encore heureux bouffon, je conserve des partoches,
Un clavier, un crayon, et puis ma redingote
Même si mon ventre criard se montre tatillon
Et qu'il me joue la grogne, sur sa vieille partition.
Je ne suis pas cigale, ni très industrieux,
Je scribouille et gribouille en étant trop sérieux,
Mais si ma bourse est vide, ma tête est aux aguets:
Les sons tiennent la place, les images font le guet...
Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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Lundi 21 avril 2008
Vert adipeux sournois sur couches de sédiments,
Ombres crépusculaires sur fond lourd de ciment,
Versatile le soleil sur tous ces bâtiments,
Illusoire chaleur, son éblouissement me ment.

Mon nez mon coeur ma voix restent roides sous la pluie
Mes poumons ne respirent que l'air gorgé de suie
Je m'enfonce et m'envole, oripeau étourdi
Si l'été nous arrive, serai-je encore d'ici?

Gris vétéran véreux voilant bas mon visage,
L'automne errant vadrouille via le sourd paysage.
Le printemps, vice-complice, m'observe, me dévisage,
Du trottoir poussiéreux, improbable rivage.

Mes sens euthanasiés sous les branches mouillées,
Le renouveau se cache, les feuilles se sont gelées,
Des craquements retentissent, vu que le bois se casse,
Les bourgeons se dispersent, seul le vent reste vivace.

Mon nez mon coeur ma voix restent roides sous la pluie
Mes poumons ne respirent que l'air gorgé de suie
Je m'enfonce et m'envole, oripeau étourdi
Si l'été nous arrive, serai-je encore d'ici?
Par Claiw de Dar - Publié dans : Scribouillis
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