Scribouillis

Mercredi 6 mai 2009
La dame d’acier étend ses jupes
Son ombrelle protégeant les ruelles de ma ville,
Quand les cloches sonnent la fin du jour.
Au soleil d’airain, couleur de poison doux
A la lune de dur velours aux tons légers passés,
La dame d’acier rêvasse, les lumières à ses pieds.
Belle des soirs, à la parure de flammes froides,
L’altière danse, en dilettante magicienne,
Depuis qu’elle habite dans ce ciel,
Que je contemple depuis les arches courant le fleuve
Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009
Dans ta tête c'est comme entre les mains d'un barman,
T a des bulles, des liqueurs qui passent
ça bouge ça vibre ça s'étale
C'est les saveurs en fête qui résonnent dans ta tête,
-"comme dans les rêves de comptoirs"-
Le barman se détourne, vlà les verres qu'il retourne
Et paf, ouverture, les mots qui s'écoulent
Panaché dans un verre, bien serré, bien trempé
Sucre alcoolisé aux couleurs de nuit bien épicée
Des mots comme ça, on les conserve pas
Ils sont éphémères comme la boisson dans le verre
Comme l'émotion critique quand on loupe le sommeil
Dormir, ce dernier métro que tu auras raté
Pour revenir à pied et perdre ta matinée
Mais qu'importe! Jeunesse n'attend pas
Vieux proverbe toujours frais, quand, assis derrière le bar
Tu as les mots qui jouent au milkshake dans ton verre
Et tu ris de joie , tes amis autour de toi.

Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009
Bonhomme de bois veut devenir garçon
Mais j'ai en tête son pareil , bonhomme de chair
Lequel des deux sera le plus un jouet?
Le nez de l'un tend à l'infini
Il apprend à mentir
L'innocence de l'autre le perd au loin
Il apprend à tuer
Le désir à égale mesure
L'un pour l'humanité
L'autre pour la découverte
Ils cherchent et s'égarent
Où se cache la fée qui les gardent?
Bonhomme de bois, bonhomme de chair
Jouet humain et humain jouet
Où se situe la différence?

Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009

Duo

Frappement de touche.
Laisse mourir le son qui s'échappe.
L'air vibre sur un ton de sol...
Une ombre derrière moi, c'est mon bouffon de cour.
Il écoute la musique surgissant sous mes doigts.
Fausse note! Grimaces de nous deux.
Pourtant, je sais que la sienne sera sans reproche.
La rouille de mes réflexes se détache peu à peu.
Les squames tombent, disparaissent sous nos yeux.
Le fou de trèfle ferme les siens, je garde les miens plissés.
Rythme glissant, puis saccadé, je heurte l'ivoire blanc et noir.
Je joue aux échecs en musique sur des oeuvres accordées.


Le fou lui, écoute.

Frappements de touches.
Défilent mes émotions sur la trame qui retentit.
J'ai le coeur à découvert sur ta ligne mélodique.
Les hésitations manifestes en cisaillent le grain..
Laissant juste la place pour continuer les phrases.
Je gravis la musique, la manie, la retient, elle me tente.
J'esquisse un pas, puis deux, puis danse.
J'écoute, j'ouïs, me réjouit.
Sur mon carreau d'espace, je réinvente le monde.
En glissant sur tes notes, en cadence sur tes phases.


La pianiste, elle, regarde.

Et nous sourions.
Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009

A ta façade, trace une gondole, via un panneau,
A la proue, un décoiffé, blanc, noir, jaune ou autre,
Qui me zieute de son air rauque, hey-va, Cyrano!
Sur un mur évasé, tes morceaux de soleil
Fondant sur le ciment, giclent sur mes oreilles
J'entends ta chaleur braque au fond de mes os creux
J'en enfile la moiteur, le plaisir comateux.
Désireuse, je m'étire, j'en goûte les filets-mots,
Détachés goutte-à-goutte de ta pierre de marmot.
Je contre tes odeurs, pot-pourri qui me tâte,
J'en écarte l'oripeau bien nourri qui m'empâte,
Rêve vain dans les poches, Paris où je me vautre.

Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009
Seine en fête, groupes affalés sur les amphis des quais.
Brouhaha, djembés, acrobates dans les demis cercles.
L'arène n'est pas mortelle, mais gare aux souffles de feu.
Lumières hésitantes,avec le début des ombres, le soir point.
Lumières envahissantes des barges flottantes,surgissent les flashs au loin.
Lumières frémissantes, ficelles d'étincelles, flammes au poing,
Au rythme désordonné, l'alcool montant, yeah, good vibrations...
Les odeurs ont la palette du reste:,
Senteurs d'encens, brûlure de l'huile évaporée
Fumerolles de tabac mêlées au smog, vapeurs d'alcool
le brouillon d'un tableau vieux comme le monde?
La réunion d'une foule en paix sur les bords de son fleuve...



ps: si un gens voit un texte en doublon sur le blog, je veux bien qu'on me le dise :D j'ai la flemme de vérifier méthodiquement là
Par Claiw de Dar
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Mercredi 6 mai 2009
Sur un masque, un sourire figé et accroché
Où les bavures s’oublient, écrasées sous la bruine
Va donc le fou de trèfle, égaré, décroché,
A la dérive marquée sous son bois mis en ruine,
Narrant ses épopées et ses rires de farine.

Mais néanmoins la joie garde le sceau de son cœur,
Outrageant la tristesse, fine gardienne de ses peurs.
Notre bouffon de cour, blanc de noir, cligne de l’œil,
Oubliant sans remords ses sombres pensées écueils.

Virevolte l’air vivace, sous ses habits opaques !
Arrive le fol hardi, la poésie en traque :
Reddition pour les ombres, victoire pour sa musique.

Et partout se font joie et grandiloquence,
Sous les effets du vin et des rires, le sage perd son éloquence,
Admire son doigt quand le fou sourit à la Lune,
Et plonge son regard dans l'océan argenté d'une plume.

Quadrilles et ritournelles résonnent et font danser le ciel,
Tant et si bien que titubent les étoiles, comme noyées d'hydromel

Cavalant, gouttes rieuses dans l’écrin d’une rivière ,
Elles l'emportent dans une ronde fantaisiste de lumière.


ps: j'en profite de n'avoir rien de spécial à faire pour mettre de vieux textes que j'avais la flemme de publier à l'époque, même si pour l'instant y a rien de nouveau sous le soleil..
Par Claiw de Dar
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Samedi 7 mars 2009

Dans un placard géant perché sur son huitième étage,

Une journée ordinaire commence sans grand remue-ménage.

Mélancolique, vaseuse, la tête en différé,

Je vois un compagnon dans les vapeurs de café.

Me tendrait-il la main ? Quand je crois l’effleurer,

Le vide siège à ma table, et me laisse esseulée.

Même manège, même cabale, dans une rame de métro.

Un couple fait étalage de leur très beau duo.

Souriante et envieuse, je voudrais, moi aussi,

Avoir auprès de moi un beau petit chéri.

Tournant la tête, surprise, qui vois-je ?

L’illusion du matin en reflet dans la glace,

Qui disparaît de suite sans laisser aucune trace.

Deviendrais-je cinglée de trop de solitude ?

Allons bon, me disais-je, sans trop de certitude…

Il me revient partout, mon copain de fumée,

Mais où le rencontrer, qu’il reste réalité ?

 

 

Par Claiw de Dar
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Mercredi 3 décembre 2008
ça parle de teinture dans les cheveux, pour effacer les cheveux gris
de souvenirs de mauvaise blague comme le patinage en eau vive
ça parle de cartes qui restent coupées dans une poche de silence,
de détours vite entrecoupés par des mots perdant le sens
ça parle de tout ce qui aurait pu, de ce fameux champ de possibles

et puis soudain, ça ne parle plus: pourtant il reste des choses à dire
il reste les vieilles rengaines séchées qu'il faudrait déchirer
pour installer de nouvelles danses et pour ne plus se séparer
il reste toutes les fosses à décrire et qu'il faudrait encore franchir
il reste la canne pour claudiquer qui ne tient parfois qu'à un fil

Mais au fond le silence, c'est tout ce qui persiste
Quand on ne sait pas quoi croire, qu'on a rien à écrire
Quand on a plus l'envie de fredonner un brin
Quand le coeur ne veut plus chanter avec entrain

Par Claiw de Dar
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Vendredi 28 novembre 2008

Petits talons valsant sur la pierre hautaine,

Veuillez battre la cadence et dansez en mondaines,

Petits talons toquant sur le pavé en creux,

Pas de deux, au quadrille! Dégagez les peureux!


Petits talons cassants sur des pieds vaniteux,

Roulez sur la guinbarde, soyez avantageux,

Petits talons sifflant et criant en tous lieux,

Tour sur soi, volte face! Emballez les curieux!


Petits talons réglés sur une boîte à rythme,

Allez tourner ailleurs, sur une autre surface,

Donnez en donc le prix, s'il vous faut une dime,

Que le silence reprenne, sans vous, une bonne place


Par Claiw de Dar
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